Pentagone

Make our Pentagon great again

Fin du monde. Chaque midi, « Les Jours » vous offrent une mauvaise nouvelle. Aujourd’hui, la retraite climatique des G.I’s.

Épisode n° 14
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Misère, si on ne peut même plus compter sur le Pentagone pour être lucide sur le changement climatique

Ne souriez pas : depuis le Quadrennial Defense Review de 2010 – une somme analysant les risques majeurs pour la sécurité du pays –, les militaires américains étaient connus pour ne pas sous-estimer le problème

Mais depuis l’arrivée à la Maison-Blanche d’un Trump plus climatosceptique que pépé Claude et tonton Laurent réunis (voici une compilation pour la bonne bouche), la clairvoyance se fait discrète…

Ainsi, quand l’ex-secrétaire à la Défense James Mattis a écrit au Congrès en janvier 2017 : « Le changement climatique a un impact sur la stabilité de régions du monde où nos troupes opèrent aujourd’hui »

Il ne s’en est pas vanté et personne ne l’a su avant que le site ProPublica ne le publie, en mars de la même année

Quand, un peu plus tôt, en décembre 2016, le Pentagone a planché sur un rapport analysant les risques courus par ses installations militaires, le brouillon citait l’expression « climate change » 23 fois…

Mais en janvier 2018, dans la version finale du document, pfuit, 22 de ces mentions avaient disparu, selon les révélations du Washington Post

Dernière preuve de cette soudaine frilosité de l’armée américaine, son tout frais rapport sur les « effets d’un climat changeant », qui n’est qu’un « condensé d’anecdotes », selon les mots de l’ancien officier de la Navy David Titley au magazine Mother Jones

Certes, l’étude liste bien une cinquantaine d’installations sensibles aux événements météo extrêmes, mais c’est un peu maigre…

Les bases des Marines ont tout bonnement été oubliées, tout comme celle de l’US Air Force de Tyndall, en Floride, pourtant dévastée par l’ouragan Michael en octobre dernier

Et bien sûr, aucune action concrète n’est préconisée dans le document

À demain (si on tient jusque-là).