Grenouille dorée du Panama

Le pistolet à grenouilles

Fin du monde. Chaque midi, « Les Jours » vous offrent une mauvaise nouvelle. Aujourd’hui, un tueur de masse.

Épisode n° 68
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Un champignon qui tue 90 espèces de grenouilles dans le monde, jusqu’à l’extinction ?

Pfffffff, c’est nul, les poissons d’avril dans la presse ! Honte à vous, Les Jours, de vous prêter à ce genre de fake news même pas drôles

C’est vrai, ce n’est pas drôle… Ce n’est pas drôle, c’est vrai : Batrachochytrium dendrobatidis est un tueur en série – et de masse – connu depuis plusieurs décennies

Dans le remarquable et remarqué La Sixième Extinction, la journaliste américaine Elizabeth Kolbert lui consacre d’ailleurs son premier chapitre…

…ou plutôt à une de ses victimes, la grenouille dorée du Panama, désormais disparue à l’état sauvage – quelques spécimens subsistent dans un centre de sauvegarde, mais sans espoir de retour auprès de leurs rivières d’origine

Selon une nouvelle étude parue dans le magazine Science et repérée par The Atlantic, il s’avère que Batrachochytrium dendrobatidis est encore plus destructeur que ce que l’on imaginait 

Responsable de la chytridiomycose, une maladie qui nécrose la peau, celui que l’on surnomme « Bd » a entraîné la perte de 6,5 % des batraciens du globe

Entre 1965 et 2015, outre les 90 espèces d’amphibiens disparues, au moins 501 autres ont décliné de son fait, essentiellement en Amérique centrale, en Amérique du Sud et en Australie 

En un mot, c’est une pandémie

Aujourd’hui, certaines espèces auraient peut-être appris à cohabiter avec le champignon, mais la maladie ne recule pas et les scientifiques craignent désormais une possible installation dans des zones encore peu touchées, comme l’Asie

Un dernier non-poisson d’avril pour la route : ce carnage a été possible parfois sans que l’habitat des grenouilles ne soit altéré ; or, on l’a vu, les rivières sont de plus en plus fragilisées

À demain (si on tient jusque-là).