« The Survivalist », sur le qui-vive
Fin du monde. Chaque vendredi midi, « Les Jours » vous parlent effondrement et culture. Aujourd’hui, un film nord-irlandais.
Dans The Survivalist, les personnages soufflent, halètent, très fort
Si le travail du son est si important dans ce long métrage sorti en 2015 (malheureusement pas en France), c’est sans doute que respirer est la première chose à préserver quand il n’y a plus rien
Retour aux bases quand la fin du pétrole a entraîné la quasi-extinction de l’humanité, comme l’annoncent deux sobres courbes de couleur dès le générique
Après l’air, la nourriture, que le héros solitaire et anonyme s’applique à faire pousser devant sa cabane, dans les bois, une arme toujours à portée de main
Et puis dormir, faire sa toilette, sa lessive, du feu
Autant d’activités que le réalisateur nord-irlandais Stephen Fingleton filme au plus près, pendant de longues minutes
L’homme survit, très efficacement… et l’on en vient à se demander pourquoi
À quoi bon tout ça ?
Une mère et sa fille surgissent alors, demandent de quoi manger : il refuse, avant d’accepter un échange nourriture contre sexe avec la jeune Milja
À partir de là, dans le trio, la défiance et la violence l’emportent
Et, bien sûr, la peur : de la famine, d’être tué par l’un·e ou l’autre… ou d’autres encore
Partisans de la théorie de l’entraide post-effondrement de Pablo Servigne, passez votre chemin
Ici, on ne baisse pas la garde, jamais, comme dans tout bon survival dystopique
Alors pourquoi ce film plutôt que l’infâme téléréalité de Netflix Familles apocalypse ?
Parce que le réalisateur déploie en virtuose une tension qui jamais ne se relâche – on a rarement vu des scènes de jardinage aussi stressantes !
Parce que le souci du détail, ces muscles, ces os, ces nerfs, ces aisselles sales
Parce que, enfin, le film interroge, dans une économie de mots remarquable, la valeur des besoins et des désirs humains
Haletant
Bande-annonce :
À lundi (si on tient jusque-là).