Sols

Biodiversité : le pavé de mai

Fin du monde. Chaque midi, « Les Jours » vous offrent une mauvaise nouvelle. Aujourd’hui, un document explosif.

Épisode n° 64
Texte Photo
Pour avancer, cliquez sur ➔

« Trois ans de travail », « 150 experts venus de 50 pays », « un budget de plus de 2,4 millions de dollars »

Woh woh woh ! Quand la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) annonce la sortie de son prochain rapport, c’est Hollywood

Il faut dire que le pavé – 8 000 pages, 15 000 références – qui sera présenté le 6 mai à Paris est censé faire passer l’organisme dans une nouvelle ère : celle où on le reconnaît comme l’équivalent du Giec pour tout ce qui touche au vivant

Pourtant placé lui aussi sous égide onusienne, il souffre aujourd’hui de la comparaison avec son grand frère spécialiste du changement climatique, ainsi que le reconnaît son président, Robert Watson, dans un article très complet du Huffington Post :

« L’attention politique sur l’environnement s’est largement focalisée sur le changement climatique parce que les politiques énergétiques sont centrales pour la croissance économique. Mais la biodiversité est aussi importante pour le futur de la Terre »

« La dégradation des sols, la perte de la biodiversité et le changement climatique sont trois faces d’un même défi : l’impact toujours plus dangereux de nos choix sur notre environnement »

Mais qu’y aura-t-il donc dans ce rapport ? Les réponses de l’IPBES sont encore générales… mais ça promet plutôt : 

Le document couvrira « tous les écosystèmes terrestres de la planète », « les eaux intérieures comme les océans »

Il évaluera « les changements des cinquante dernières années et ses implications pour nos économies, nos moyens de subsistance, notre sécurité alimentaire et notre qualité de vie »

Il étudiera les impacts « du changement climatique, des espèces invasives, de la pollution, des changements d’usage de la terre et de la mer »

Bref, le rapport s’annonce comme le plus complet jamais rédigé

« Nous sommes à un carrefour, assure Robert Watson. La dégradation et la destruction de la nature, passées et présentes, minent la capacité des humains de cette génération comme des générations futures à vivre correctement »

Vivement mai !

À demain (si on tient jusque-là).