Réseau électrique français

Volts de nuit

Fin du monde. Chaque midi, « Les Jours » vous offrent une mauvaise nouvelle. Aujourd’hui, le black-out électrique auquel vous avez échappé.

Épisode n° 7
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Vous souvenez-vous où vous étiez jeudi dernier, le 10 janvier, à 21 heures pile ?

Il s’en est fallu de peu que vous le sachiez à coup sûr, car il a failli se passer ça :

Black-out

À cette heure-là, « la fréquence du système électrique français et européen est passée très en-dessous de 50 Hz », a expliqué ce lundi la Commission de régulation de l’énergie

Or, continue l’autorité administrative indépendante, « quand la fréquence s’écarte trop de ce niveau, le système électrique [peut] connaître des coupures importantes, voire un “black-out” »

Bigre !

Heureusement, RTE, la filiale d’EDF qui gère le réseau public de transport d’électricité, a immédiatement demandé aux grands groupes industriels avec lesquels elle a passé un accord de réduire massivement leur consommation

Et personne n’a rien vu, personne n’a rien su pendant trois jours

Et à vrai dire, on n’est pas beaucoup plus avancés ce mardi : la cause de l’incident est toujours inconnue

Tout juste a-t-on appris que l’équilibre entre production et demande était assuré en France, que le problème était au niveau européen… et qu’une enquête était en cours 

Voilà qui fait penser à l’une des thèses de Pablo Servigne, coauteur de Comment tout peut s’effondrer : en cas de choc, notre monde hyperconnecté peut être fragilisé par un couac à l’autre bout de la planète…

Voilà qui milite aussi et plutôt pour une production d’électricité à une échelle toujours plus locale

En ce début d’année, les nuits sont chaudes, mais en cas de vague de froid, l’enjeu est de sécuriser l’approvisionnement : on compte donc sur nos grandes centrales

Celle à charbon de Cordemais (Loire-Atlantique) avait été condamnée à horizon 2022 par Emmanuel Macron, mais ce n’est plus si sûr : elle pourrait continuer à tourner avec un combustible affichant moins de 20 % de houille

Une bonne nouvelle pour l’emploi, moins pour les émissions de gaz à effet de serre

À demain (si on tient jusque-là)