Le palais de justice de Paris

Épisode n°14 de l’obsession En relation avec une entreprise terroriste

Lu

L’antiterrorisme à la vitesse supérieure

Pour affronter la « déferlante » de dossiers jihadistes, les juges d’instruction antiterroristes passent de neuf à onze.

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Il va falloir pousser les murs du vieux palais de justice. Lorsque Les Jours ont lancé cette obsession, fin août, les juges d’instruction antiterroristes étaient neuf (lire l’épisode 1, « La galerie des neuf juges »). Un dixième magistrat doit s’installer d’ici la fin du mois de novembre. Et le onzième les rejoindra à la rentrée de janvier. D’une rapidité inédite, cette augmentation des effectifs vise à répondre à la « situation extrêmement tendue » décrite en octobre par le président du tribunal de grande instance de Paris, Jean-Michel Hayat. Il parle d’une « déferlante » de dossiers jihadistes. Ses vœux de renforts ont été exaucés.


Depuis sa naissance, en 1986, la galerie Saint-Éloi n’a cessé de monter en puissance. Forte de trois juges d’instruction à sa création, elle est passée à quatre après les attentats de 1995 (lire l’épisode 2, « Les juges antiterroristes, de l’ETA au jihad »), cinq en 2003, six l’année suivante… Le neuvième est arrivé en septembre 2015, quelques mois après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper-Casher. Le dixième poste avait été promis par Christiane Taubira, en réponse au 13 Novembre. Six juges sont cosaisis de ce « dossier du siècle » contre deux ou trois habituellement, « et il y a du travail pour six », constate la présidence du tribunal.  


Les juges d’instruction antiterroristes doivent aussi « éponger » l’inflation vertigineuse du nombre de dossiers jihadistes (lire l’épisode 3, « L’inflation jihadiste »). « La montée en charge a été de + 50 % entre 2014 et 2015, + 80 % entre 2015 et 2016 », rappelle la présidence. « Il y a quatre ans, on ouvrait environ une information judiciaire par semaine. C’est passé à une tous les trois jours il y a un an et demi, puis une tous les jours ou tous les deux jours en septembre et octobre. » Un « effet post-Saint-Étienne-du-Rouvray » pousserait les policiers à davantage solliciter l’ouverture d’enquêtes.