Mehdi K. était militaire

Épisode n°17 de l’obsession En relation avec une entreprise terroriste

Lu

Au procès de Mehdi, ancien militaire parti faire le jihad

Trois hommes étaient jugés en début de semaine à Paris pour un séjour en Syrie en 2013. Parmi eux, un ancien soldat de l’armée de terre.

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À Roubaix, il y avait « une bande de copains », disent-ils, qui gravitait autour d’une mosquée. Plusieurs sont partis en Syrie à la même période, en 2013. Certains sont revenus depuis, d’autres non. La justice a ouvert plusieurs enquêtes pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », dont l’une concernant trois hommes de 26, 29 et 31 ans qui ont comparu lundi et mardi devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Contre Pierre T. et Mohamed B., libres à l’audience, le parquet a requis cinq et sept ans de prison ferme. Il demande dix ans et une peine de sûreté pour le dernier, Mehdi K., un ex-militaire français qui dort déjà à Fleury.

En blouson beige dans le box, Mehdi K. semble légèrement nerveux. Il se lève d’un bond quand le président Denis Couhé appelle son nom, répond trop vite, avec un phrasé typique de banlieue mélangé à un reste d’accent du Nord. Dans sa tête, ça a l’air d’aller à cent à l’heure. Mehdi K. a la barbe courte – « c’est génétique », expliquera l’un de ses coprévenus – les yeux vifs et le sourire en coin facile. Il est resté en Syrie de juin 2013 à février 2014 mais n’a été interpellé qu’en avril 2015. Désormais, explique la procureure, les « revenants » sont arrêtés « au pied de l’avion ».

Dans son ancienne vie, Mehdi K. était militaire, de 2005 à 2010. « Opérateur tourelle sur les chars Leclerc » dit-il, Mehdi K. a été envoyé au Tchad, en Côte d’Ivoire et au Sénégal.