Dans la vidéo mise en ligne fin mars (…)

Épisode n°6 de l’obsession Steak assez

Lu

La voix des « saigneurs »

Accusés de maltraitance animale, ces salariés de l’abattoir de Mauléon se disent victimes des cadences.

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Les voilà donc les « monstres », les « barbares ». Les voilà, les trois hommes tant vilipendés après la diffusion fin mars de la troisième vidéo de l’association L214. Filmée dans l’abattoir public de Mauléon-Licharre (Pyrénées-Atlantiques), on y voyait Bastien frapper des agneaux avec un crochet et Christophe donner un coup de pied à un animal. Puis Gérard intervenir trop tard pour sauver un mouton de l’écartèlement. Le jour de la diffusion, leur directeur leur réglait leur compte au micro de France bleu : Ça me dégoûte. Eux c’est fini, ils se font jeter, mais alors, comme des merdes ! Je vais les poursuivre. Ça c’est clair. Pour le directeur, tout est alors de la faute de deux abrutis (au moment où il s’exprime, le troisième homme, Christophe, n’a pas encore été reconnu sur la vidéo). Le député Olivier Falorni, qui lance alors sa commission d’enquête parlementaire, s’indigne à son tour sur RTL et s’interroge sur leur comportement vis-à-vis de nos congénères humains. Les « saigneurs » n’auront pas l’occasion de lui répondre. Falorni ne les a pas auditionnés dans le cadre de sa commission d’enquête, alors même que le député se vantait mardi, lors de la remise de son texte, d’avoir reçu tous les acteurs du sujet (lire l’épisode 5, « Le rapport Falorni garde les abattoirs à l’œil »).

Je les ai rencontrés cet été, un peu plus de trois mois après la diffusion de la vidéo. Ils ont accepté de me raconter leur histoire. Ils ont entre 18 et 30 ans. Leurs bras et leurs mains, taillés pour le rugby et par la manipulation d’animaux et de carcasses de plusieurs centaines de kilos, sont impressionnants.