Didier Super

Didier Super : « La fin du monde est toujours belle »

Fin du monde. Chaque vendredi midi, « Les Jours » vous parlent effondrement et culture. Aujourd’hui, une interview avec une grande vedette.

Épisode n° 72
Texte Photo

Didier Super n’aime ni les pauvres, ni les riches, ni les gens qui bossent, ni les gilets jaunes, ni même les enfants (pourtant, y’en a des biens

Cette réjouissante misanthropie, qui dure depuis quinze ans, en faisait déjà évidemment une personnalité qualifiée pour parler des vertus de la fin du monde 

Mais dans son premier album, Vaut mieux en rire que s’en foutre, figurait également le titre On va tous crever, qui portait un regard tendre et sans concession sur le devenir de l’espèce humaine : 

« On va tous crever, on va tous crever,
Y’a la fin du monde qui nous guette et nous on fait la fête
 !
On va tous crever, on va tous crever,
L’apocalypse nous attend et nous, on fait la fête tout l’temps
 ! »

Mais écoutez plutôt :

Bref, un entretien en profondeur avec celui qui, lucide, se définit comme une « grande vedette », était nécessaire 

Bonjour Didier. On va tous crever date de 2004. Aujourd’hui, on parle de changement climatique, de fin du monde, d’effondrement écologique partout, est-ce que vous êtes un visionnaire ?

En fait, je l’ai écrite en 2002, mais le temps que les maisons de disques se rendent compte du pognon qu’elles pourraient se faire avec, elle est sortie qu’en 2004. Bon, elles se sont pas fait tant de thunes que ça finalement, donc elles ont peut-être eu raison d’hésiter. Mais quand je vois le succès du livre de Pablo Servigne, je me dis que j’aurais dû être plus patient. 

« Oussama et George W. », c’était le bon vieux temps de l’apocalypse, non ? Est-ce que la fin du monde, c’était mieux avant ?

Non, la fin du monde est toujours belle. D’ailleurs, quand je la joue aujourd’hui, je remplace par Trump et Poutine. Au niveau politique de toute façon, c’est tellement le cataclysme que tout le monde attend l’effondrement pour remettre un peu d’égalité dans le monde.

Le « lapin géant bouffeur de planètes », vous avez des nouvelles ?

Non. C’est peut-être ma seule erreur dans le côté visionnaire.

Aujourd’hui, le problème, c’est l’extinction des abeilles, les glaciers qui fondent… Ça aussi, c’est « la vengeance du Bon Dieu » ?

Non, le ciel est vide et les catholiques vont s’en rendre compte, Dieu ne va pas venir les sauver.

C’est quoi, la fin du monde idéale de Didier Super ?

La guillotine. Net et sans douleur. Mais si ça doit être une catastrophe nucléaire, je veux être dans la vallée du Rhône face à la centrale avec la peinture de l’enfant. Au cœur du réacteur et au cœur de l’événement… mais un événement dont ne parlera pas après, du coup. Comme un résumé de ma carrière.

Trêve de flagorneries, malgré votre prophétie de 2004, on est encore là… La fin du monde est reportée ? Annulée ? Qu’est-ce qui s’est passé ?

J’ai menti. 

Un dernier mot ?

Finalement, le diesel, c’est pas si nul.