À Direct 8, devenue D8, certains le surnomment (…)

Épisode n°23 de l’obsession L’empire

Lu

Vincent et le monomythe

Tout passe par lui, il décide de tout. À Canal+, le roi Bolloré écrit sa propre légende : celle du super-méchant.

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D’abord, il y a eu « Bolloré ». Simple, direct. Ensuite, il y a eu « VB », vaine mais pourtant réelle tentative de prudence à l’endroit du nouveau patron. Puis il y a eu un simple « il ». Désormais, à Canal+, on dit « l’actionnaire ». « Ça me fait penser à l’Église, raconte un journaliste d’i-Télé, c’est l’Actionnaire avec un grand A. C’est le tout-puissant. On a l’impression que c’est quelqu’un qu’il faut vénérer. » L’Actionnaire, donc : Vincent Bolloré, alias le Saigneur de Canal+, le Dépeceur de Belmer, l’Étrangleur de Meheut, l’Estourbisseur d’Aprikian, l’Égorgeur de DRH, de directrice du cinéma, de patronnes d’i-Télé, de chef des sports, etc. Un méchant, un dur. Il adore ça.

En vrai, pourtant, il ne fait même pas peur, Vincent Bolloré. Le 12 novembre 2015, après un show de motivation des troupes en son Olympia, il est sorti le dernier de la salle de spectacles, costume bleu trop large aux épaules tranchant avec les costards ajustés sombres (et chemise blanche), l’uniforme habituel des dirigeants de la chaîne cryptée. Il a taillé le bout de gras avec des journalistes, mains dans la poche, il a parlé d’Universal (qu’il prononce « youniveursaule » à l’américaine), il a désigné du pouce derrière lui le fameux lettrage rouge qui, pour l’occasion, écrit « Canal » au frontispice de l’Olympia, il a dit ici, j'ai vu les Beatles en 64 avec Sylvie Vartan et Trini Lopez. Et puis il est parti en lâchant à bientôt, les amis.