Manifestation devant Canal+

Épisode n°37 de l’obsession L’empire

Lu

À i-Télé, Serge Nedjar n’élève pas le débat

Pour ne pas donner la parole aux grévistes, le directeur décide de supprimer les émissions prévues autour du débat de la primaire de droite.

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«C’est la guerre nucléaire. » C’est par ce doux euphémisme qu’un journaliste d’i-Télé décrivait la situation au sein de la chaîne info de Canal+ mercredi en fin d’après-midi. Alors que la rédaction, en grève depuis 17 jours, s’était engagée non seulement à diffuser ce jeudi le débat de la primaire de la droite et du centre, mais aussi à faire deux émissions – une avant, une après – pour l’encadrer, Serge Nedjar, directeur d’i-Télé, a décidé que non. Non. Des grévistes qui interrompent leur mouvement pour faire montre de leur bonne volonté et c’est non ? De ce débat, organisé malgré la grève, un salarié d’i-Télé disait encore aux Jours en début de journée : « Nous tenons à cette chaîne, et dans cette histoire, les gens responsables, c’est nous. »


Pourtant, ce mercredi matin, un semblant de dialogue s’était esquissé. Il avait été convenu entre Serge Nedjar et les salariés qu’un communiqué sur la grève à i-Télé serait lu à l’antenne et ce dans la partie, présentée par Audrey Pulvar, précédant le débat de la primaire de droite et du centre. Un porte-parole des grévistes, Milan Poyet, l’avait annoncé à l’AFP : « On ouvrira l’antenne de 18h30 à minuit. Ce n’est pas une suspension de la grève, un message concernant le mouvement sera diffusé à l’antenne. » Une décision prise, expliquait-il, « par respect pour les téléspectateurs car c’est un moment important de la vie démocratique. »

Nedjar veut la diffusion du débat, mais il supprime les émissions autour car il ne veut pas qu’on passe pour des journalistes responsables

Un journaliste après la décision de ne diffuser que le débat de la primaire

Diplomatie oblige, il était prévu que le communiqué soit rédigé à six mains, celle des salariés, celles d’Audrey Pulvar et celles de Serge Nedjar. Mais dans l’après-midi, revirement. Alors que les salariés en étaient dans leur deuxième assemblée générale de la journée, ils apprennent la nouvelle : non seulement il n’y aura pas de communiqué, mais pas d’émissions encadrant le débat non plus. Ni celle animée par Audrey Pulvar, ni le débrief qui devait suivre, présenté par Olivier Galzi.