Raffinerie

Les banques marteaux des fossiles

Fin du monde. Chaque midi, « Les Jours » vous offrent une mauvaise nouvelle. Aujourd’hui, un gros paquet d’argent sale.

Épisode n° 65
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Autrefois, on le sait, le monde se divisait en deux catégories : ceux qui avaient un pistolet chargé et ceux qui creusaient

Aujourd’hui, pas fous, ceux qui creusent se sont trouvés des alliés : les banques

C’est ce que prouve le « Fossil Fuel Finance Report Card 2019 », publié le 19 mars dernier

Ce rapport, rédigé par six ONG, révèle que les 33 plus grandes banques mondiales ont été plutôt généreuses dernièrement, accordant 1 698 milliards d’euros aux énergies fossiles depuis début 2016… Autrement dit, depuis la signature des accords de Paris à l’issue de la COP21

Et ce, alors que plusieurs PDG d’établissements bancaires avaient alors juré, la main sur le cœur, qu’ils allaient accompagner la lutte contre le changement climatique

Le magazine américain Fast Company rappelle ainsi que Jamie Dimon, patron de JPMorgan Chase, avait prié le secteur de « suivre le chemin qui mène à des émissions de gaz à effet de serre faibles »

Trois ans plus tard, sa banque remporte haut la main le titre de « pire banque depuis les accords de Paris », avec 174 milliards d’euros investis dans le pétrole, le gaz, le gaz de schiste, le charbon…

Et les Françaises ? Elles se défendent : dans l’ordre, BNP Paribas, la Société générale, le Crédit agricole et Natixis ont financé les énergies fossiles à hauteur de 125 milliards d’euros

Très complet, le rapport classe également les banques selon l’argent placé dans les sables bitumineux, les gisements en Arctique ou extraprofonds, les mines ou les centrales à charbon, etc.

Ce mardi, l’Agence internationale de l’énergie a annoncé que les émissions mondiales de CO2 liées à la production et à la combustion d’énergies fossiles ont augmenté de 1,7 % en 2018… et battu un nouveau record historique

Bravo, les champions

À demain (si on tient jusque-là).