De l’or dans les petits pots

Épisode n°1 de l’obsession Autour du pot

Lu

Des crèmes merveillantissimes et fabulosantes

Dans nos cosmétiques, il y a de l’eau, de la glycérine… et des bobards vendus à coups d’envolées lyriques et de termes scientifiques.

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La feuille de route établie par la rédaction en chef des Jours était simple. Faire les boutiques et acheter des cosmétiques. Huit magasins plus tard, l’objectif est atteint. J’ai tout. Une crème de jour, une crème de nuit, une crème d’urgence (elle agit en trente secondes), un contour des yeux, un anti-âge global, un soin raffermissant les traits du visage, deux crèmes défatigantes – une de jour, une de nuit – une crème antipollution, un masque à l’argile, un masque en tissu imprégné purifiant et une BB crème. À en croire la publicité, je devrais en sortir déridé, hydraté, raffermi, repulpé, détoxifié. Mon grain de peau sera resserré, l’ovale de mon visage resculpté, tout mon être relaxé, énergisé, reboosté. Poids total de mes achats, net d’emballage : 576 ml. Coût : 446,25 euros. Le cosmétique moyen coûte donc 774 euros au litre. Quand même.


Il doit y avoir un peu d’or dans mes petits pots. Vérification faite, non. J’ai principalement acheté de l’eau et de la glycérine. C’est du moins ce qu’indiquent les listes d’ingrédients écrites sur les boîtes en tout petits caractères. Conformément à l’International Nomenclature of Cosmetic Ingredients (Inci), ils sont mentionnés par ordre de poids décroissant. L’eau arrive en tête onze fois sur treize. La glycérine est soit deuxième, soit troisième, huit fois. Alcool gras, visqueux et légèrement sucré, très bon marché, elle joue le rôle de solvant-émollient-liant dans un nombre incalculable de cosmétiques, de la crème Nivea en boîte bleue à 15 euros le litre, jusqu’à la Rénergie Multi-Lift de Lancôme à 2 140 euros le litre.