La filière des cosmétiques

Épisode n°4 de l’obsession Autour du pot

Lu

Les invisibles usines à gloss

Derrière le succès des marques de cosmétiques françaises se cachent une myriade de sous-traitants anonymes mais florissants.

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Vous cherchez désespérément à rejoindre les adeptes du made in France ? Achetez des cosmétiques. Chez Sephora et Marionnaud, même en tapant au hasard, vous avez trois chances sur quatre de faire tourner l’économie nationale. La crème des crèmes, c’est la France. Nous avons L’Oréal, numéro un mondial du secteur. Mais nous avons aussi plusieurs centaines de PME, qui fournissent 15 % du total des cosmétiques utilisés dans le monde. Un sur six ! Dassault et le gouvernement français se gargarisaient d’avoir vendu 36 Rafale à l’Inde. Pitié. À 9 milliards d’euros, les exportations de produits de beauté représentent, chaque année, plusieurs dizaines d’avions de chasse. Et on n’a encore jamais trouvé de traces de rétrocommissions sur la vente d’après-shampoings. Par les temps qui courent, cette filière est une anomalie. Elle ne délocalise pas. Elle recrute. Les plans sociaux sont rares.

Incongruité supplémentaire dans un pays fortement centralisé, les entreprises se sont mises au vert. La cosmétique compte des dizaines de milliers de salariés dans de petites villes de Normandie ou de Centre-Val de Loire, quand ce n’est pas dans les campagnes du Limousin et de l’Auvergne. Fareva, par exemple, emploie 500 personnes à Annonay (Ardèche) et 140 personnes à Saint-Germain-Laprade (Haute-Loire). Son nom ne vous dit rien. Pourtant, vous avez probablement des produits Fareva dans votre salle de bains. Sous-traitant pour la pharmacie et la cosmétique, Fareva fournit des produits clés en main à des marques comme Puressentiel, la société d’Isabelle et Marco Pacchioni.