À i-Télé, on sabre (…)

Épisode n°17 de l’obsession L’empire

Lu

i-Télé, la chaîne en feu continu

Plus de 50 postes supprimés, grille au rabais, arrivée de Morandini… Les décisions de Bolloré ulcèrent la rédaction.

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«C’est un carnage. » Ainsi un journaliste d’i-Télé résumait-il la situation de la chaîne info de Canal+ ce mardi soir. Au sortir du comité d’entreprise (CE) consacré à i-Télé, un élu du personnel renchérissait, la voix nouée par l’amertume : Si le plan annoncé se met en place, avec les suppressions de postes, avec l’arrivée de Jean-Marc Morandini, est-ce que cette chaîne existe encore ?

Au menu de ce comité d’entreprise qui démarre à 15 heures ce mardi, i-Télé, donc. Mais sans son patron, Serge Nedjar. La direction de Canal+, représentée par Jean-Christophe Thiery, l’un des factotums de Vincent Bolloré, confirme le sabrage des CDD et CDDU de la chaîne info. En tout, une cinquantaine de personnes. Une confirmation, parce que lors de son arrivée à i-Télé le 24 mai dernier, le nouveau patron Serge Nedjar avait déjà vendu la mèche. Sauf qu’il avait alors promis que ce serait du cas par cas. Les cas ont donc tous été les mêmes : direction la sortie. Au pire dès le 30 juin et les mieux lotis partiront à la mi-juillet, histoire de tenir jusqu’à la grille d’été qui doit démarrer le 18 juillet. À i-Télé, la rédaction est catastrophée : il y a des journalistes police-justice ou économie qui partent dans la charrette, des présentateurs aussi.

Les promesses de Bolloré (…)
En septembre 2015, Vincent Bolloré, en visite au siège de la chaîne info, promettait d’investir. Le 21 juin 2016, des coupes sont annoncées partout : postes supprimés, horaires réduits… — Illustration Sébastien Calvet/Les Jours.

Mais surtout, il y a un métier entier qui disparaît, celui d’assistant d’édition. Sur les 17 postes que compte i-Télé, c’est bien simple : il n’en reste qu’un. Or les assistants d’édition, comme le décrit un journaliste de la chaîne info, c’est le cœur du réacteur, ce sont eux qui montent les images et les sons qui passent à l’antenne, parfois à toute berzingue, pour réagir très vite au direct. « Sans eux, une chaîne info ne peut pas marcher, explique un salarié.