L’empire

On a décidé de briser un certain nombre de tabous

Épisode n°30 de l’obsession L’empire

Lu

Morandini, ça barde et Canal+, ça brade

Malgré la fronde de la rédaction d’i-Télé, Canal+ accélère la venue de l’animateur en même temps qu’elle abaisse son tarif de base.

  • Texte

WTF. What the fuck. C’est quoi, ce merdier. Pardonnez ce langage peu châtié, mais il n’est pas un jour, dans L’empire de Vincent Bolloré, qui ne soit résumable à ces trois lettres. Prenez ce jeudi, nous avons eu, en un tir groupé : des nouvelles offres d’abonnement incompréhensibles pour Canal+ et Jean-Marc Morandini qui arrive sur i-Télé. Oui, ça on savait, mais figurez-vous que Morandini sera à l’antenne plus tôt que prévu. Selon nos informations, au lieu du mercredi 19 octobre, il sera à l’antenne dès le 17, soit lundi.


Déjà sur le flanc depuis l’annonce, vendredi dernier, que Jean-Marc Morandini serait bel et bien sur son antenne alors que sa direction lui avait annoncé le contraire, la rédaction d’i-Télé a en effet appris que Jean-Marc Morandini arriverait sur i-Télé avec deux jours d’avance. La stratégie est particulièrement finaude : puisqu’une assemblée générale était prévue lundi prochain où devait se décider le principe d’une grève pour le mercredi suivant afin de saluer comme il se doit la nouvelle recrue, la direction avance l’arrivée de Morandini à lundi. Héhé, machiavélique. Sauf qu’évidemment, sitôt connue la nouvelle, la rédaction a, de même, illico avancé son AG qui se tiendra ce vendredi matin.

On y discutera certainement assez fiévreusement des manières de la direction mais pas seulement. On y entérinera le refus de ladite direction de revenir en arrière et ce malgré une motion de défiance à son encontre votée les doigts dans le nez (92,2 %) et une tribune publiée dans Le Monde mais pas seulement. En sus de l’arrivée de Jean-Marc Morandini, la rédaction s’agace prodigieusement des moyens qui sont mis à sa disposition. Pour alimenter sa quotidienne consacrée aux médias, baptisée Morandini live!, le protégé de Bolloré a droit à une équipe de cinq pigistes par jour, soit une centaine de piges par mois pour une heure d’émission quotidienne alors que la rédaction d’i-Télé s’est vue imposer une réduction d’une cinquantaine de postes au printemps dernier.