Manifestation des salariés d’i-Télé

Épisode n°39 de l’obsession L’empire

Lu

i-Télé, 17 ans et plein les dents

Parent pauvre du groupe Canal+, la chaîne fête son anniversaire avec un 19e jour de grève. Et la direction ne propose toujours rien. Reportage.

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Pour le rassemblement, ils ont confectionné des panneaux rigolos, les grévistes d’i-Télé : « i-Télé vous les uns les autres », signé Jésus-Christ ; « i-Télé phone maison », signé E.T. ; « Bolloré pas ma peau », signé Jacques Mesrine ou « Vous n’aurez pas mon i-Télé de penser », signé Florent Pagny. Mais il y a des anniversaires qui restent en travers de la gorge. I-Télé a 17 ans et la chaîne du groupe Canal+ en est à son 19e jour de grève pour ne pas être bouffée toute crue par l’empire Bolloré. 19 jours qu’en vain, ils réclament le départ de Jean-Marc Morandini, une charte d’éthique, un projet éditorial, un directeur de la rédaction qui ne cumule pas, comme l’actuel Serge Nedjar, avec celui de patron de la chaîne. 19 jours que les salariés sont baladés par leur direction de réunion annulée en réunion reportée, de réunion de « conciliation » où rien n’est cédé sinon des miettes en réunion de « dialogue » où on ne leur indique que la porte. 19 jours qu’une chaîne d’information n’informe plus.


Quelques minutes avant le rassemblement devant le siège d’i-Télé à Boulogne, la grève, évidemment, a été reconduite pour le week-end, jusqu’à lundi midi. Lundi, à la veille de l’élection américaine mais de toute façon, Serge Nedjar a déjà annulé « la nuit américaine » que les grévistes étaient pourtant prêts à assurer, tout comme il a supprimé au dernier moment les émissions qui devaient encadrer jeudi soir le débat télé de la primaire de la droite et du centre. « L’annulation des émissions, l’annulation du travail des journalistes, a été ressentie comme une claque », explique-t-on à la rédaction. Où on n’a pas non plus apprécié, et c’est un euphémisme, l’attitude de la direction lors du débat salle Wagram : Serge Nedjar n’a pas pris la peine de saluer les candidats et tapotait sur son portable pendant que le patron de BFMTV, Alain Weill, qui diffusait également la joute, accueillait, lui, chacun des prétendants à la primaire.