Cafés citoyens
Cafés citoyens

Épisode n°10 de l’obsession Les socialistes

Lu

« Oh, t’es toujours au PS, toi ? »

Cette semaine, les socialistes de l’Hérault ont organisé des cafés citoyens pour « vendre » le programme de Benoît Hamon. Dans un certain entre-soi.

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Ils arrivent par petits groupes, cheveux blancs pour la plupart, attrapent une boisson au bar puis s’assoient comme ils peuvent autour de tables couvertes de tracts Hamon. À cinq semaines du premier tour de la présidentielle, le Parti socialiste organise des « cafés citoyens » dans des bistrots. Deux soirs d’affilée, dans deux quartiers éloignés et très différents de Montpellier, Les Jours sont allés voir comment les militants socialistes « vendent » le programme de leur candidat et quelles interrogations il suscite.

Première étape : Le Ranch. Posée au carrefour d’un quartier étudiant au nord de Montpellier, cette large bâtisse est composée de plusieurs salles avec fleurs en plastique au mur. Dans celle au toit amovible, une soixantaine de personnes ont pris place. « Ce soir, la parole est à vous, comme si vous étiez sur la tribune », lance Jean-Pierre Faye, retraité et secrétaire de la section qui a donc convié la population du coin à venir débattre du projet de Benoît Hamon.

Hamon, c’est l’utopie en marche. Il ne gagnera pas avec ça mais au moins, les gens réfléchiront un peu.

Francis, retraité, lors d’un café citoyen organisé par le PS à Montpellier

Mais avant les questions, il interroge ses trois invités face au public : « Nous sommes là pour faire battre le cœur de la France et du quartier. Mais vous, qu’est-ce qui fait battre votre cœur dans le programme de Benoît ? » Fanny Dombre-Coste, députée de la troisième circonscription de l’Hérault, se lance sur « l’éthique en politique » (elle a défendu à l’Assemblée nationale un texte, voté début février, sur l’obligation du casier judiciaire vierge pour les candidats aux élections), « la coconstruction législative » et les « perturbateurs endocriniens ». Marie Meunier, conseillère générale qui travaille sur le domaine de l’économie sociale et solidaire (ESS), souligne « à quel point Benoît fut un ministre compétent quand il en était en charge à Bercy ». Enfin, Renaud Calvat, maire de la petite ville voisine de Jacou, l’assure : « Avec Benoît, on ne va pas gérer la France pendant cinq ans mais se projeter dans des sujets d’avenir… Mon coup de cœur, c’est sa taxe robot. ».