Glacier d’Aletsch

Les glaciers fondent, et ainsi de Suisse

Fin du monde. Chaque midi, « Les Jours » vous offrent une mauvaise nouvelle. Aujourd’hui, les Alpes dégoulinent.

Épisode n° 37
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Les glaciers sont au cœur – fondant – du changement climatique, on l’a dit, redit et même reredit

Mais c’était loin, mon bon monsieur, au pôle Nord ou au pôle Sud ; eh bien là, ma bonne dame, c’est près de chez nous

On aurait pu évoquer la situation – pas jojo – du glacier Carré en Isère, dans le parc national des Écrins

Mais penchons-nous plutôt sur le cas de la Suisse

La semaine dernière, le New York Times consacrait un très beau long format à ses glaciers

Ça n’étonnera personne, ils sont en recul

Celui de Trift occupait il y a quelques années encore une large vallée… désormais traversée par un pont suspendu de 150 mètres de long, à 90 mètres au-dessus du sol

Celui d’Aletsch, le plus long d’Europe avec ses 23 kilomètres, pourrait perdre 90 % de sa glace d’ici à 2100 

Ce qui nous amène à ce paradoxe, étudié en détail par le quotidien américain : avec cette fonte accélérée, l’énergie hydraulique est en plein boom en Suisse, avec une hausse de 3 % à 4 % depuis 1980 

Pas mal pour la « houille blanche », qui fournit déjà 60 % de l’électricité du pays

Mais évidemment, tout cela est transitoire : le congélateur en plein dégivrage n’est pas un puits sans fond

Le barrage de Gebidem, au pied du glacier d’Aletsch, sera bientôt inutile

Alors les ingénieurs suisses ont trouvé une solution : bien au-dessus de la construction, la langue de glace est encore épaisse de 200 mètres, mais d’ici à 2050, elle se sera transformée en un lac

On pourrait donc installer une nouvelle centrale génératrice là où se trouve le barrage actuel 

Malin… et tellement déprimant, car on ne pourra pas remonter le glacier éternellement

L’ingéniosité humaine ressemble parfois à s’y méprendre à une immense fuite en avant

À demain (si on tient jusque-là).